Exigences KYC et AML pour les crypto-monnaies dans le monde en 2026

Exigences KYC et AML pour les crypto-monnaies dans le monde en 2026 févr., 10 2026

En 2026, il n’y a plus de place pour les crypto-monnaies sans vérification d’identité. Ce n’est plus une question de choix : si vous gérez des actifs numériques, vous devez respecter les règles KYC (Know Your Customer) et AML (Anti-Money Laundering). Partout dans le monde, les autorités financières ont mis fin à l’ère du « Far West » numérique. Les échanges, les portefeuilles, les plateformes DeFi - même celles qui prétendaient être « décentralisées » - doivent désormais prouver qu’elles savent qui sont leurs utilisateurs et d’où viennent leurs fonds.

Le changement radical de 2025

En 2019, le Groupe d’action financière (FATF) a révisé sa recommandation 15 pour inclure explicitement les actifs virtuels dans les règles mondiales de lutte contre le blanchiment d’argent. Mais ce n’est qu’en 2025 que cette règle est devenue réellement appliquée partout. La « règle du voyage » (Travel Rule) a été renforcée : dès qu’un transfert dépasse 1 000 euros, les fournisseurs de services en actifs virtuels (VASP) doivent échanger automatiquement les informations complètes sur l’expéditeur et le destinataire - nom, adresse, numéro d’identité, montant, et même le motif du transfert. Cela s’applique désormais même aux transactions entre portefeuilles non-custodiaux et aux protocoles DeFi qui offrent des passerelles vers le monde traditionnel.

Les États-Unis ont accéléré le mouvement avec la loi GENIUS, adoptée en juin 2025, qui oblige les émetteurs de stablecoins à se soumettre au Bank Secrecy Act. Cela signifie que chaque dollar de Tether ou d’USDC émis doit être lié à un utilisateur vérifié. La loi STABLE, elle, impose des audits trimestriels et des rapports en temps réel sur les réserves. Sans cela, les stablecoins ne peuvent plus être traités par les banques américaines. Résultat : plusieurs projets ont dû arrêter leurs activités aux États-Unis.

Comment l’Union européenne a tout changé

Depuis décembre 2024, la réglementation MiCAR (Markets in Crypto-Assets) est pleinement en vigueur dans l’UE. Elle ne s’applique pas seulement aux échanges. Elle couvre aussi les tokens référés à un actif (ART), les tokens monétaires électroniques (EMT), et même les plateformes de staking. Toute entreprise qui émet ou gère ces actifs doit :

  • Effectuer une vérification d’identité complète (KYC) pour chaque client
  • Installer un système de surveillance des transactions en temps réel (KYT)
  • Signaler automatiquement toute activité suspecte à l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA)
  • Conserver les données pendant 5 ans minimum

La Suisse, bien qu’elle ne soit pas membre de l’UE, a aligné son cadre sur MiCAR dès 2024. Les entreprises basées à Zurich ou Lausanne doivent maintenant respecter les mêmes normes que celles à Paris ou Berlin. L’AMLA, installée à Francfort, supervise directement les plus grands acteurs. Les petites plateformes doivent se connecter à des systèmes d’audit agréés. Il n’y a plus de « zone grise ».

Personnages activant un système d'authentification AI avec des écrans holographiques montrant les réglementations UE, US et UK.

Le Royaume-Uni : une approche stricte et transparente

Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority (FCA) a durci ses exigences en juin 2025. Toute entreprise qui permet à ses clients d’échanger, de conserver ou de transférer des crypto-actifs doit être enregistrée et soumise à des contrôles annuels. Les détails sont précis :

  • Les clients doivent fournir une pièce d’identité officielle et une preuve d’adresse
  • Les transactions supérieures à 1 500 £ sont automatiquement soumises à un examen approfondi
  • Les comptes d’entreprise doivent révéler les bénéficiaires réels - même ceux cachés derrière des trusts
  • Les données des propriétaires d’entités étrangères sont désormais publiques depuis le 31 août 2025

Le HMRC surveille les déclarations fiscales, la Banque d’Angleterre évalue les risques systémiques des stablecoins, et la loi sur les services financiers a créé des « sandboxes » pour tester les innovations - mais seulement si elles respectent les règles de base. Les sanctions sont sévères : en 2025, trois plateformes britanniques ont été fermées pour non-conformité, avec des amendes cumulées de plus de 180 millions de livres.

Les technologies qui rendent la conformité possible

Personne ne peut plus gérer la conformité à la main. Les systèmes manuels ont disparu. Les entreprises qui survivent utilisent des outils automatisés :

  • Verification AI : des algorithmes qui analysent les documents d’identité en 15 secondes, détectent les falsifications, et vérifient les données avec les bases nationales
  • KYT en temps réel : des plateformes qui suivent chaque transaction sur la blockchain, bloquent les transferts vers des adresses connues pour le blanchiment, et alertent les équipes de conformité
  • Intégration avec les listes de sanctions : les systèmes se mettent à jour automatiquement avec les listes de l’ONU, du Trésor américain, de l’UE et de l’OFAC - sans intervention humaine
  • Reporting automatisé : les rapports de suspicion sont générés, signés numériquement, et envoyés directement aux autorités

Les fournisseurs comme KYC-Chain, ComplyAdvantage ou Onfido ont vu leur activité exploser. Les entreprises qui n’ont pas intégré ces outils ne peuvent plus obtenir de comptes bancaires. Les banques traditionnelles refusent désormais tout partenariat avec des plateformes non conformes.

Bataille épique entre l'anonymat et la conformité financière, avec des emblèmes de régulateurs comme boucliers lumineux.

Les pièges à éviter

Même les entreprises sérieuses tombent dans des erreurs courantes :

  • Penser que « décentralisé » signifie « exempt » : les plateformes DeFi qui permettent des conversions vers fiat doivent se conformer. Aucune exception.
  • Ignorer les différences régionales : ce qui est acceptable en Suisse ne l’est pas en Singapour. Une entreprise mondiale doit avoir plusieurs systèmes de conformité.
  • Ne pas former les équipes : les employés qui ne comprennent pas les alertes ou qui ignorent les signaux d’alerte sont la principale cause de violations.
  • Utiliser des fournisseurs non agréés : certains logiciels « low-cost » ne sont pas connectés aux bases officielles. Ils créent un faux sentiment de sécurité.

En 2025, 73 % des amendes imposées aux entreprises crypto provenaient de défauts dans les systèmes de vérification, pas de fraude intentionnelle. La négligence coûte autant que la malveillance.

Quel avenir pour les utilisateurs ?

Les particuliers ne sont pas directement visés - mais ils en ressentent les effets. Les inscriptions sur les échanges prennent désormais 2 à 5 jours, pas 2 minutes. Les transferts entre portefeuilles peuvent être bloqués si l’adresse de destination est inconnue. Les plateformes demandent de plus en plus de justificatifs : un relevé de salaire, une facture d’électricité, parfois même une vidéo d’identification.

Cela n’est pas un obstacle à l’innovation. C’est la condition de sa légitimité. Les crypto-monnaies qui veulent durer doivent se comporter comme des institutions financières. Ce n’est pas une perte de liberté : c’est une prise de responsabilité. Les utilisateurs qui veulent des services rapides et anonymes doivent comprendre : ces services n’existent plus. Et ce n’est pas une mauvaise chose.

Le KYC est-il obligatoire pour les portefeuilles personnels ?

Non, les portefeuilles personnels non-custodiaux (comme MetaMask ou Ledger) ne sont pas tenus de faire du KYC. Mais dès que vous utilisez une passerelle pour acheter des crypto-monnaies avec une carte bancaire ou pour convertir en euros, vous passez par un VASP - et là, le KYC est obligatoire. Les échanges et les services de change sont les points de contrôle. Vous ne pouvez pas contourner la vérification en passant par un portefeuille privé.

Quelles sont les conséquences si je ne respecte pas les règles AML ?

Les conséquences sont sévères. Votre entreprise peut être fermée, vos comptes bancaires gelés, vos dirigeants poursuivis pénalement, et vous pouvez être inscrit sur des listes d’exclusion internationales. En 2025, l’UE a imposé des amendes allant jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires annuel pour non-conformité. Aux États-Unis, les amendes peuvent dépasser 100 millions de dollars. Pour une start-up, c’est la fin.

Les stablecoins sont-ils plus régulés que les autres crypto-actifs ?

Oui, et de loin. Les stablecoins sont traités comme des instruments monétaires. Leur valeur est censée être égale à un euro ou un dollar, donc ils représentent un risque pour la stabilité financière. Tous les émetteurs doivent détenir des réserves vérifiables, soumettre des audits mensuels, et appliquer un KYC rigoureux à chaque utilisateur. Leur régulation est plus stricte que celle des Bitcoin ou des Ethereum.

Puis-je utiliser un fournisseur de KYC basé en dehors de l’UE ou des États-Unis ?

Vous pouvez, mais seulement si le fournisseur est agréé par l’autorité de régulation de votre pays. Par exemple, un logiciel basé en Asie peut être utilisé en Suisse s’il est certifié par FINMA. Mais si le fournisseur n’est pas reconnu par l’AMLA ou la FCA, il ne sera pas accepté. La localisation du fournisseur n’est pas le critère - c’est la conformité à vos normes locales qui compte.

Le KYC nuit-il à la confidentialité des utilisateurs ?

C’est un compromis. Le KYC réduit l’anonymat, mais il n’exige pas la collecte de données inutiles. Les régulateurs demandent uniquement ce qui est nécessaire pour prévenir le blanchiment : nom, date de naissance, pièce d’identité, adresse. Les données sont chiffrées, stockées localement, et ne sont partagées qu’avec les autorités en cas de suspicion. La vie privée n’est pas supprimée - elle est encadrée. Ce n’est pas une surveillance généralisée, mais une vérification ciblée.

2 Commentaires

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    Adama keita

    février 10, 2026 AT 16:03

    Donc en 2026, on va devoir envoyer une photo de notre passeport + une facture d’électricité pour acheter un Bitcoin… Et on appelle ça ‘progrès’ ? 😅
    Je me demande si le prochain truc, c’est de devoir signer un contrat en ligne avant de pouvoir transférer 10€ à un ami.
    Le Far West est mort. Longue vie à la paperasse.

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    Xavier Carr

    février 10, 2026 AT 23:18

    Vous avez vu ça ? Les gens pensent encore que ‘décentralisé’ = ‘hors loi’. Non. C’est pas un mot magique. Si tu touches au fiat, tu es régulé. Point. La FATF a pas attendu ton avis. Les DeFi qui disent ‘on est pas un VASP’ ? C’est du bluff. Le système les a déjà rattrapés. Et les petits traders qui disent ‘je veux rester anonyme’ ? Ben t’as plus le choix. Soit tu te conformes, soit tu gardes ton BTC dans un coin et tu le regardes brûler.

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