Interdiction des plateformes P2P crypto étrangères en Thaïlande en 2025

Interdiction des plateformes P2P crypto étrangères en Thaïlande en 2025 janv., 1 2026

En juin 2025, la Thaïlande a fermé les portes à cinq des plus grandes plateformes crypto étrangères. Pas une simple mise en garde. Pas un avertissement. Une interdiction totale. Bybit, OKX, CoinEx, 1000X et XT.COM ont été bloqués du jour au lendemain pour les utilisateurs thaïlandais. Aucun accès. Aucune exception. Pas de recours juridique. Ce n’était pas une mesure temporaire : c’était une révolution réglementaire.

Pourquoi la Thaïlande a-t-elle bloqué ces plateformes ?

La Commission des valeurs mobilières de Thaïlande (SEC) n’a pas agi par caprice. Elle a réagi à une vague croissante d’arnaques, de blanchiment d’argent et de pertes massives chez les particuliers. Les plateformes étrangères, sans licence locale, opéraient dans l’ombre. Elles n’appliquaient pas les règles de connaissance client (KYC), ne signalaient pas les transactions suspectes, et ne garantissaient aucune protection aux investisseurs. Leurs interfaces étaient accessibles en thaï, leurs publicités ciblaient les jeunes Thaïlandais, mais leurs serveurs étaient à l’étranger - hors de portée de la loi.

Le 13 avril 2025, le Cabinet thaïlandais a approuvé deux décrets royaux. Le premier exigeait que toute plateforme proposant des services crypto aux Thaïlandais obtienne une licence de la SEC. Le second donnait au Ministère de l’économie numérique et de la société (MDES) le pouvoir de bloquer directement les sites sans passer par un juge. C’était un changement radical : la Thaïlande passait d’une régulation réactive à une répression préventive.

Qui a été visé ? Et comment ?

Cinq plateformes ont été identifiées comme non conformes. Aucune n’avait demandé de licence. Aucune n’avait établi de bureau local. Aucune n’avait intégré les systèmes de surveillance financière du pays. Le 28 juin 2025, les fournisseurs d’accès internet ont reçu l’ordre de bloquer l’accès à ces sites. Les applications ont été retirées des magasins d’applications thaïlandais. Les publicités en ligne ont été supprimées. Les paiements vers ces plateformes ont été coupés.

La SEC avait donné un mois d’avertissement - du 29 mai au 28 juin - pour que les utilisateurs retirent leurs fonds. Mais pour beaucoup, ce délai était insuffisant. Des milliers de personnes avaient des centaines de milliers de bahts bloqués sur ces plateformes. Certains ont perdu des parts de leur épargne. D’autres ont dû vendre à perte pour sortir avant la fermeture.

Les conséquences pour les banques et les réseaux sociaux

La Thaïlande n’a pas seulement ciblé les plateformes crypto. Elle a étendu la responsabilité aux banques, aux opérateurs télécoms et même à WhatsApp ou Telegram. Si une banque permet à un client de transférer des fonds vers une plateforme interdite, elle peut être tenue pour responsable. Si un service de messagerie est utilisé pour organiser des escroqueries crypto, il peut être sanctionné.

Cela a créé une nouvelle pression sur les institutions financières. Les transferts internationaux vers des portefeuilles crypto sont désormais systématiquement filtrés. Les comptes suspects sont gelés. Les transactions en crypto sont suivies comme les mouvements d’argent liquide. Les entreprises thaïlandaises qui voulaient payer des fournisseurs indiens en crypto doivent maintenant passer par un échange local agréé - ce qui allonge les délais, augmente les coûts et complique les opérations.

Un jeune Thaïlandais tenant un portefeuille crypto, entouré de signaux d'alerte et de plateformes locales approuvées.

La Thaïlande n’est pas contre la crypto… mais elle veut la contrôler

Il ne s’agit pas d’une guerre contre la technologie. Au contraire. En mai 2025, la Thaïlande a annoncé l’émission de 5 milliards de bahts (environ 150 millions de dollars) en jetons numériques appelés « G Tokens ». Ce sont des actifs numériques garantis par des obligations d’État. L’objectif ? Moderniser la dette publique, réduire les coûts de gestion et créer un modèle de stablecoin centralisé sous contrôle public.

Le pays prépare aussi une plateforme blockchain pour le trading d’actions. Il encourage les startups locales à développer des solutions financières décentralisées - à condition qu’elles soient licenciées, transparentes et soumises à la SEC. La Thaïlande veut une crypto locale, régulée, sécurisée. Pas une crypto étrangère, anonyme et incontrôlable.

Quel impact sur les utilisateurs ?

Les réactions ont été divisées. Sur Reddit et Twitter, certains ont salué la mesure : « Enfin, quelqu’un protège les petits investisseurs. » D’autres ont dénoncé une atteinte à la liberté financière : « Pourquoi me priver de choisir mon échange ? »

Les utilisateurs expérimentés ont pu migrer vers les plateformes locales agréées - comme Bitkub ou Zipmex. Mais les nouveaux venus, souvent attirés par les frais bas et les promotions des plateformes étrangères, ont été pris au dépourvu. Beaucoup ne savaient même pas que ces plateformes étaient illégales en Thaïlande.

Le manque de sensibilisation reste un problème. La SEC a publié des guides, mais ils n’ont pas été diffusés massivement. Les jeunes, qui représentent la majorité des utilisateurs crypto, ont appris la nouvelle par des articles ou des posts sur les réseaux sociaux - pas par leur banque ou leur école.

Les sanctions : jusqu’à 3 ans de prison

Les opérateurs de plateformes non autorisées encourent jusqu’à trois ans de prison et une amende de 300 000 bahts (8 700 $). Ce n’est pas une menace vide. En octobre 2025, un ressortissant britannique a été arrêté à Phuket pour avoir administré un site de trading P2P sans licence. Il a été inculpé pour « activité illégale de services de crypto-actifs ».

Les autorités thaïlandaises ont aussi commencé à traquer les influenceurs qui promeuvent des plateformes interdites. Ceux qui reçoivent des commissions pour diriger des clients vers Bybit ou OKX peuvent désormais être poursuivis comme complices.

Un opérateur illégal en procès, entouré d'influenceurs arrêtés, avec des jetons d'État qui montent en arrière-plan.

Que faire aujourd’hui en Thaïlande ?

La crypto reste légale - mais seulement sur les plateformes locales agréées. Vous pouvez acheter, vendre et échanger des actifs numériques, mais uniquement via Bitkub, Zipmex, Coinone Thailand ou d’autres échanges ayant reçu une licence de la SEC.

Les portefeuilles individuels (non-custodians) ne sont pas interdits. Vous pouvez garder vos crypto dans un Ledger ou un Trezor. Mais si vous voulez acheter des BTC avec des bahts, vous devez passer par un échange local. Et cet échange appliquera les règles de KYC : votre carte d’identité, votre preuve de domicile, votre numéro de téléphone - tout doit être vérifié.

Les transactions P2P entre particuliers sont autorisées, mais seulement si elles se font à travers une plateforme locale agréée. Vous ne pouvez plus échanger directement avec un inconnu via Telegram ou Facebook Marketplace sans passer par un intermédiaire régulé.

Le modèle thaïlandais : un exemple pour la région ?

La Thaïlande n’est pas seule à vouloir contrôler la crypto. La Malaisie, l’Indonésie et le Vietnam regardent attentivement ce qui se passe là-bas. Le modèle thaïlandais est simple : pas d’interdiction totale, mais un monopole local. Les plateformes étrangères peuvent entrer - mais seulement si elles se plient aux règles.

Si cela réussit - si les arnaques diminuent, si les investisseurs se sentent en sécurité, si les entreprises locales prospèrent - d’autres pays pourraient suivre. La Thaïlande a choisi la voie de la souveraineté numérique. Elle ne veut pas être le paradis des crypto-escrocs. Elle veut être le laboratoire de la finance digitale contrôlée.

Et après ?

En 2026, la SEC prévoit d’étendre les contrôles aux NFT et aux stablecoins privés. Les plateformes locales devront bientôt signaler toutes les transactions supérieures à 10 000 bahts. Les algorithmes d’analyse de risque seront intégrés aux systèmes bancaires. La frontière entre la finance traditionnelle et la crypto va disparaître - sous contrôle étatique.

La liberté d’investir n’est pas morte en Thaïlande. Elle est simplement encadrée. Et pour beaucoup, c’est une bonne nouvelle. Parce que dans un monde où les arnaques crypto font des victimes chaque jour, la sécurité vaut parfois plus que la liberté.

Les plateformes crypto étrangères sont-elles totalement interdites en Thaïlande ?

Oui, toutes les plateformes étrangères non licenciées par la SEC sont interdites. Cela inclut Bybit, OKX, CoinEx, 1000X et XT.COM. Les utilisateurs thaïlandais ne peuvent plus y accéder, et les fournisseurs d’accès internet sont obligés de bloquer ces sites. Seules les plateformes ayant obtenu une licence locale sont autorisées.

Puis-je encore posséder des crypto-monnaies en Thaïlande ?

Oui, posséder des crypto-monnaies est parfaitement légal. Vous pouvez les garder dans un portefeuille personnel (comme Ledger ou Trezor). Ce qui est interdit, c’est d’utiliser des plateformes étrangères non autorisées pour les acheter, vendre ou échanger. Pour faire des transactions, vous devez passer par un échange local agréé.

Quels sont les échanges locaux agréés en Thaïlande ?

Les principaux échanges locaux agréés par la SEC sont Bitkub, Zipmex, Coinone Thailand, Binance Thailand (sous licence locale), et Kraken Thailand. Tous appliquent les règles de KYC et de sécurité financière imposées par la régulation thaïlandaise. Il est recommandé de n’utiliser que ces plateformes pour éviter tout risque légal.

Quelles sont les sanctions pour les opérateurs de plateformes illégales ?

Les opérateurs de plateformes non autorisées encourent jusqu’à trois ans de prison et une amende de 300 000 bahts (environ 8 700 $). Les personnes qui aident à promouvoir ces plateformes - comme les influenceurs ou les agents - peuvent aussi être poursuivies. La Thaïlande applique ces sanctions avec rigueur depuis juin 2025.

La Thaïlande interdit-elle la technologie blockchain ?

Non, au contraire. La Thaïlande encourage activement l’innovation blockchain. Elle développe un système de trading d’actions basé sur la blockchain et a lancé des jetons d’État (G Tokens) pour financer sa dette publique. L’interdiction ne concerne que les plateformes étrangères non régulées, pas la technologie elle-même.