Les entreprises en Inde peuvent-elles accepter les crypto-monnaies légalement en 2026 ?

Les entreprises en Inde peuvent-elles accepter les crypto-monnaies légalement en 2026 ? janv., 16 2026

En Inde, une entreprise peut-elle accepter des paiements en bitcoin ou en ethereum sans risquer une amende, une fermeture ou un procès ? La réponse n’est pas simple. Ce n’est ni un oui ni un non. C’est un peut-être, mais avec des conditions extrêmement strictes.

Les crypto-monnaies ne sont pas une monnaie légale - mais elles ne sont pas interdites non plus

En 2026, les crypto-monnaies n’ont toujours pas le statut de monnaie légale en Inde. Vous ne pouvez pas payer votre facture d’électricité, votre loyer ou vos fournitures en bitcoin. Le gouvernement indien ne les reconnaît pas comme moyen de paiement pour les biens ou services. C’est une règle claire. Mais ce qui est moins connu, c’est qu’elles ne sont pas non plus interdites. En 2020, la Cour suprême a annulé l’interdiction de la Banque centrale (RBI) sur les transactions en crypto. Depuis, les Indiens peuvent acheter, vendre et détenir des crypto-monnaies. Les entreprises peuvent aussi les posséder - mais seulement comme actif, pas comme méthode de paiement.

Les entreprises qui acceptent des crypto-monnaies comme paiement violent la loi

Si vous êtes un restaurant à Bangalore, un magasin à Mumbai ou un service de livraison à Delhi, et que vous acceptez des paiements en crypto, vous êtes en situation illégale. Le gouvernement a répété à plusieurs reprises que les crypto-monnaies ne peuvent pas remplacer la roupie indienne. Même si un client vous paie en solana, vous ne pouvez pas légalement enregistrer cette transaction comme un paiement pour un produit. Cela diffère de ce qui se passe en Europe ou aux États-Unis, où certaines entreprises acceptent les crypto comme paiement légal. En Inde, ce n’est pas autorisé. Si vous le faites, vous risquez des sanctions de la part du Department of Revenue ou de la FIU-IND.

Les entreprises peuvent légalement faire du commerce de crypto - mais elles doivent tout déclarer

Ce qui est autorisé, c’est d’opérer une plateforme d’échange, un service de conseil en investissement, ou une entreprise de développement blockchain. Des centaines de startups en Inde le font. Mais elles doivent se conformer à trois règles strictes. Premièrement, elles doivent s’enregistrer auprès de la FIU-IND (Financial Intelligence Unit of India). Deuxièmement, elles doivent appliquer les mêmes procédures KYC et AML que les banques : vérifier l’identité de chaque client, enregistrer leur adresse, leur numéro de téléphone, et leur numéro de PAN (Identifiant fiscal indien). Troisièmement, elles doivent collecter et verser 1 % de TDS (Tax Deducted at Source) sur chaque transaction crypto, même si c’est une petite vente entre deux particuliers.

En 2025, Binance a été sanctionné à hauteur de 18,8 millions de roupies (environ 2,17 millions de dollars) pour ne pas avoir respecté ces règles. Bybit a payé 9,27 millions de roupies. Les deux ont dû s’enregistrer pour pouvoir continuer à servir les clients indiens. C’est un signal fort : le gouvernement ne veut pas interdire les crypto, mais il veut les contrôler.

Un chef dans un restaurant à Bangalore hésitant entre paiement en roupie et crypto avec un sceau interdit.

Les impôts sur les crypto sont lourds - et sans déduction possible

Tout revenu provenant des crypto-monnaies est soumis à un taux d’imposition de 30 %, plus une surtaxe de 4 %. Ce taux s’applique aux gains en capital, aux récompenses en staking, aux airdrops, et même aux échanges entre crypto-monnaies. Aucune déduction n’est autorisée - pas même les frais de transaction, les coûts d’achat ou les pertes. Si vous achetez un bitcoin à 3 000 $ et que vous le vendez à 4 500 $, vous payez 30 % sur les 1 500 $ de gain. Pas de déduction pour les frais d’échange. Pas de compensation avec une perte sur un autre actif. C’est l’un des systèmes fiscaux les plus rigoureux au monde.

En plus de cela, chaque transfert de crypto - même entre vos propres portefeuilles - déclenche une retenue à la source de 1 %. Si vous transférez 10 000 roupies en dogecoin à un fournisseur, vous devez en prélever 100 roupies et les verser au fisc. Cette règle s’applique à toutes les transactions, même les plus petites. Pour une entreprise qui effectue des dizaines de transferts par jour, cela représente un fardeau administratif et financier énorme.

Le COINS Act 2025 pourrait changer la donne - mais pas encore

Un projet de loi nommé Comprehensive Regulation of Cryptographic Assets (COINS) Act 2025 est en cours d’examen. Il pourrait apporter un changement majeur. Si adopté, il reconnaîtrait officiellement les crypto-monnaies comme actifs numériques légaux, exigerait une licence pour les échanges (probablement délivrée par la RBI), clarifierait les règles de TDS, et introduirait des protections pour les consommateurs contre les arnaques. Il ressemblerait à la régulation MiCA en Europe. Mais ce n’est pas encore une loi. En janvier 2026, il est toujours en discussion. Les entreprises ne peuvent pas compter dessus. Elles doivent agir comme si elle n’existait pas.

Une équipe dans un bureau FIU-IND surveillant des transactions crypto avec des effets de taxe en temps réel.

Les banques refusent encore les entreprises en crypto - même si c’est légal

Même si vous êtes parfaitement conforme, vous risquez de ne pas trouver de compte bancaire. Les banques traditionnelles en Inde restent méfiantes. Elles craignent les sanctions de la RBI, les risques de blanchiment, et la réputation. Beaucoup de plateformes crypto doivent utiliser des banques étrangères ou des services de paiement spécialisés. Cela augmente les coûts, ralentit les paiements, et complique la gestion de trésorerie. Pour une petite entreprise qui veut simplement vendre des services blockchain, ce n’est pas une mince affaire.

Que peuvent faire les entreprises en Inde aujourd’hui ?

Voici ce qui est possible en 2026 :
  • Créer une plateforme d’échange de crypto avec licence FIU-IND
  • Offrir des services de conseil en investissement crypto
  • Développer des applications blockchain pour d’autres entreprises
  • Proposer des formations sur les crypto-monnaies
  • Accepter des crypto en tant qu’actif (ex. : avoir des bitcoins en trésorerie)
Voici ce qui est interdit :
  • Accepter des crypto comme paiement pour des biens ou services
  • Ne pas enregistrer les transactions auprès de la FIU-IND
  • Ne pas appliquer le KYC/AML
  • Ne pas déclarer les gains ou ne pas verser la TDS
  • Utiliser des plateformes non enregistrées pour traiter les transactions

Les risques sont réels - mais les opportunités existent

Accepter les crypto comme paiement en Inde, c’est comme conduire sans permis : vous ne serez peut-être pas arrêté tout de suite, mais si vous l’êtes, les conséquences sont sévères. Le gouvernement ne cherche pas à éliminer les crypto. Il veut les canaliser. Il veut des impôts. Il veut des traces. Il veut des identités. Si vous êtes prêt à payer ce prix, vous pouvez opérer légalement. Mais vous ne pouvez pas utiliser les crypto comme une alternative à la roupie. C’est un actif, pas une monnaie.

Les entreprises qui réussissent en Inde dans ce domaine sont celles qui traitent les crypto comme une obligation fiscale, pas comme une opportunité de paiement. Elles investissent dans des logiciels de traçabilité, embauchent des comptables spécialisés, et vérifient chaque transaction comme un audit bancaire. Ce n’est pas facile. Mais c’est possible - tant que vous respectez les règles.

Les entreprises indiennes peuvent-elles accepter le bitcoin comme paiement pour leurs produits ?

Non. Les crypto-monnaies ne sont pas reconnues comme moyen de paiement légal en Inde. Accepter du bitcoin, de l’ethereum ou toute autre crypto en échange de biens ou services est contraire à la réglementation actuelle. Les entreprises qui le font risquent des sanctions de la part des autorités fiscales ou de la FIU-IND.

Quelle est la taxe sur les transactions en crypto en Inde ?

Tout revenu provenant des crypto-monnaies est imposé à 30 %, plus une surtaxe de 4 %. Aucune déduction n’est autorisée, pas même les frais de transaction ou les pertes. En plus, 1 % de Tax Deducted at Source (TDS) doit être prélevé sur chaque transfert de crypto, quel que soit le montant.

Faut-il s’enregistrer auprès de la FIU-IND pour opérer avec des crypto en Inde ?

Oui. Toute entreprise qui fournit des services liés aux crypto-monnaies - échanges, portefeuilles, conseil - doit s’enregistrer auprès de la FIU-IND. C’est obligatoire depuis mars 2023. Les plateformes non enregistrées sont interdites et peuvent être sanctionnées financièrement, comme Binance ou Bybit l’ont été en 2024.

Les entreprises peuvent-elles détenir des crypto-monnaies dans leur trésorerie ?

Oui. Les entreprises peuvent acheter et détenir des crypto-monnaies comme actifs sur leur bilan. Mais elles doivent les déclarer comme actifs numériques et payer les impôts sur les gains lorsqu’elles les vendent. Elles ne peuvent pas les utiliser pour payer leurs fournisseurs ou leurs employés.

Le COINS Act 2025 permettra-t-il aux entreprises d’accepter les crypto comme paiement ?

Il est trop tôt pour le dire. Le COINS Act 2025 est encore en discussion. Il pourrait clarifier les règles fiscales et créer un cadre de licence pour les échanges, mais il ne prévoit pas encore d’autoriser les crypto comme moyen de paiement. Même dans une version optimiste, il est peu probable qu’il permette aux restaurants ou aux magasins d’accepter le bitcoin comme la roupie.

Pourquoi les banques refusent-elles de servir les entreprises crypto en Inde ?

Les banques traditionnelles craignent les sanctions de la Banque centrale (RBI), qui considère les crypto comme une menace pour la stabilité financière. Même si les crypto sont légales, les banques préfèrent éviter les risques. Beaucoup d’entreprises crypto doivent donc utiliser des banques étrangères ou des fournisseurs de paiement spécialisés, ce qui augmente les coûts et les délais.