Miner du crypto en Russie : lois et restrictions en 2026

Miner du crypto en Russie : lois et restrictions en 2026 févr., 16 2026

En 2026, miner du crypto en Russie n’est plus une question de oui ou non. C’est une question de , quand, et comment. Depuis le 1er janvier 2025, le pays a mis en place l’un des systèmes de régulation les plus complexes au monde - pas pour interdire, mais pour contrôler. Le minage n’est pas illégal, mais il est strictement encadré. Et si vous pensez que c’est encore possible comme avant, vous vous trompez.

Les trois règles de base qui décident de votre survie comme mineur

En Russie, trois lois fondamentales déterminent si vous pouvez miner ou non. La première : vous êtes classé comme consommateur de quatrième catégorie. Cela signifie que lorsqu’il y a une pénurie d’électricité - et ça arrive souvent en hiver - les autorités peuvent vous couper l’alimentation sans préavis. Vos ASICs ? Elles s’éteignent. Les hôpitaux, les écoles, les logements ? Ils restent allumés. Vous ? Vous êtes en bas de la liste.

La deuxième règle : tout votre matériel doit être enregistré. Depuis 2025, chaque rig, chaque GPU, chaque ASIC importé doit être étiqueté, certifié et inscrit dans un registre national. Si vous achetez un miner d’occasion sur une place de marché en ligne et que vous ne pouvez pas prouver qu’il est enregistré, vous êtes en infraction. Les douanes russes vérifient désormais les numéros de série à l’entrée du pays. Pas de passe-droit.

La troisième règle : vous payez 15 % d’impôt sur vos bénéfices en Bitcoin. Oui, même si vous ne déclarez rien, l’État sait combien vous avez miné. Comment ? Parce que chaque appareil enregistré est connecté à un système de suivi énergétique. Si votre consommation dépasse 6 000 kWh par mois, vous êtes obligé de vous déclarer. En dessous, vous êtes exempté - mais seulement si vous êtes un particulier. Si vous êtes une entreprise, vous devez vous inscrire, peu importe la consommation.

Les 10 régions où miner est totalement interdit

En Russie, miner n’est pas autorisé partout. Dix régions ont interdit totalement l’activité, et cette interdiction dure jusqu’au 15 mars 2031. Ce ne sont pas des endroits au hasard. Ce sont des régions déjà en difficulté énergétique : Dagestan, Ingouchetie, Kabardino-Balkarie, Karatchaï-Tcherkessie, Ossétie du Nord, Tchétchénie, ainsi que les régions de Donetsk, Lougansk, Zaporijia et Kherson - même si ces deux dernières sont sous contrôle militaire, elles sont toujours officiellement reconnues comme territoires russes dans ce cadre.

Les raisons ? Pas de centrales électriques suffisantes. Pas d’infrastructures pour soutenir la demande. Les autorités locales ont préféré couper la source plutôt que de risquer des coupures dans les foyers. Dans ces zones, même posséder un miner à la maison peut vous valoir une amende de 200 000 roubles (environ 2 000 €). Et si vous êtes récidiviste ? L’amende peut monter à 2 millions de roubles - soit 25 500 €. C’est une somme qui peut ruiner un petit exploitant.

Les trois régions de Sibérie avec des restrictions saisonnières

En Sibérie, c’est différent. Ici, miner n’est pas interdit - mais seulement en hiver. Les trois régions concernées : Irkutsk, Buryatie et Zabaïkalsky. De janvier à mars, les mineurs doivent couper leurs machines. À partir de 2026, cette période s’étend de novembre à mars. Pourquoi ? Parce que l’hiver, la demande de chauffage explose. Les centrales électriques sont déjà à leur limite. Ajouter des rigs qui consomment autant qu’une petite ville ? Impossible.

Les mineurs dans ces régions ont dû s’adapter. Certains ont installé des systèmes de stockage thermique pour faire tourner leurs machines la nuit, quand la demande est basse. D’autres ont déplacé leurs rigs vers des régions autorisées, comme l’Oural ou la région de Krasnoïarsk. Mais ce n’est pas bon marché. Le déplacement de 50 rigs, avec le transport, les permis, et la reconnexion, coûte en moyenne 1,2 million de roubles - plus de 15 000 €.

Des agents saisissent des rigs illégaux dans un entrepôt, des écrans clignotent en rouge, une carte de la Russie montre les zones interdites.

Seuls 30 % des mineurs sont légaux - et l’État veut les nettoyer

Malgré la loi, la plupart des mineurs sont encore dans l’ombre. Selon Ivan Chebeskov, vice-ministre des Finances, seulement 30 % des mineurs russes sont enregistrés auprès du service des impôts. Cela signifie que 70 % fonctionnent en illégalité. Et l’État ne va pas les laisser faire.

En 2025, les autorités ont commencé à croiser les données : consommation électrique par zone, numéros de série des ASICs, déclarations fiscales. Les premières perquisitions ont eu lieu en mars 2025 à Novossibirsk. Plus de 120 rigs ont été saisis, et 17 personnes ont été condamnées à des amendes cumulées de 18 millions de roubles. L’État a aussi mis en place un système de signalement anonyme : si un voisin soupçonne un mineur illégal, il peut le dénoncer en ligne. Le système fonctionne. Les dénonciations ont augmenté de 210 % entre 2024 et 2025.

Les pièges que les mineurs négligent - et qui les font tomber

Beaucoup pensent que si leur rig est enregistré, ils sont à l’abri. Ce n’est pas vrai. Voici trois erreurs courantes :

  • Utiliser un matériel non certifié : acheter un miner d’occasion en Chine sans certificat russe = interdit.
  • Miner à domicile dans une région interdite : même si vous avez un appareil légal, s’il est dans une zone bannie, vous êtes coupable.
  • Ne pas déclarer les gains en crypto : même si vous ne les changez pas en roubles, vous devez déclarer leur valeur en roubles au 31 décembre. La valeur est calculée selon le taux de change du jour.

Et si vous pensez que vous pouvez contourner le système avec un VPN ou un compte offshore ? L’État russe a maintenant accès aux transactions sur les principales blockchains. Il peut tracer les adresses de portefeuilles liées à des mines enregistrées. Et il a déjà bloqué 120 adresses de crypto en 2025 pour non-déclaration.

Une salle de contrôle gouvernementale affiche des adresses blockchain en temps réel, un rig unique pulse sous un ciel polaire violet.

Que faire si vous voulez miner en Russie en 2026 ?

Si vous êtes un particulier et que vous vivez dans une région autorisée (comme la région de Moscou, la Sibérie hors hiver, ou l’Extrême-Orient), voici ce que vous devez faire :

  1. Achetez uniquement du matériel avec certificat russe (les marques comme Bitmain, MicroBT, et Canaan ont des versions certifiées).
  2. Enregistrez votre équipement sur le site du service fédéral des impôts (nfs.gov.ru/mining).
  3. Ne dépassez pas 6 000 kWh/mois si vous êtes particulier.
  4. Payez 15 % d’impôt sur vos gains au 1er avril de chaque année.
  5. Ne miniez pas entre novembre et mars si vous êtes dans Irkutsk, Buryatie ou Zabaïkalsky.

Si vous êtes une entreprise, vous devez aussi avoir un numéro d’entreprise, un compte bancaire russe, et un contrat d’approvisionnement en électricité signé avec une société locale. Les banques russes refusent désormais d’ouvrir des comptes à des mineurs non enregistrés.

Et si vous n’êtes pas en Russie ?

Si vous habitez à l’étranger, vous pouvez toujours miner en Russie - mais vous devez le faire via une entreprise russe. Il n’y a pas de mineurs étrangers individuels autorisés. Toute opération doit être gérée par une entité légale russe. Beaucoup de groupes internationaux ont créé des filiales à Novossibirsk ou à Krasnoïarsk pour profiter de l’électricité bon marché - mais ils doivent respecter toutes les règles, y compris les coupures en cas de pics de demande.

Le futur : un système de surveillance totale

En 2026, la Russie ne cherche plus à arrêter le minage. Elle veut le dominer. Le système de suivi énergétique est en train d’être connecté à l’ensemble du réseau national. Dans deux ans, chaque rig sera surveillé en temps réel. Les autorités pourront non seulement couper l’alimentation, mais aussi ajuster la puissance. Imaginez : votre miner passe de 3 500 watts à 500 watts pendant 48 heures. Sans avertissement. Sans explication. Parce que la ville a besoin de plus d’électricité.

Le gouvernement parle de « sécurité énergétique » et de « stabilité nationale ». Pour les mineurs, c’est la fin de l’ère du « libre accès ». Ce n’est plus un business. C’est un privilège, accordé par l’État, et révocable à tout moment.

Puis-je miner du crypto à la maison en Russie en 2026 ?

Oui, mais seulement si vous vivez dans une région autorisée, que votre consommation ne dépasse pas 6 000 kWh par mois, et que votre matériel est enregistré. Si vous êtes dans une zone interdite comme la Tchétchénie ou l’Oural, même un petit rig est illégal. Les coupures électriques sont automatiques et sans préavis.

Quelle est la pénalité pour miner sans enregistrement ?

La première infraction coûte 200 000 roubles (environ 2 000 €). Si vous êtes récidiviste ou si vous miniez dans une zone interdite, l’amende peut atteindre 2 millions de roubles (25 500 €). En plus, votre matériel peut être confisqué. Les autorités ont déjà saisi plus de 800 rigs en 2025.

Les mineurs étrangers peuvent-ils miner en Russie ?

Non, pas directement. Seules les entreprises russes enregistrées peuvent détenir et opérer des rigs. Les étrangers peuvent investir dans ces entreprises, mais ils ne peuvent pas posséder ou gérer des machines sur le sol russe. Toute tentative de contourner cette règle est considérée comme fraude fiscale.

Puis-je utiliser de l’électricité subventionnée pour miner ?

Non. La loi interdit expressément l’utilisation d’électricité à prix réduit (comme celle destinée aux zones rurales ou aux industries stratégiques) pour le minage. Les fournisseurs d’électricité vérifient les usages et peuvent couper le service si un usage frauduleux est détecté. Les mineurs ont été expulsés de plusieurs régions en 2025 pour avoir utilisé des tarifs subventionnés.

Comment savoir si ma région autorise le minage ?

Consultez la liste officielle sur le site du ministère de l’Énergie russe (minenergo.gov.ru/restrictions). Les régions autorisées sont listées par nom, et les restrictions saisonnières sont mises à jour chaque automne. Si votre région n’est pas sur la liste, assumez qu’elle est interdite. Les autorités ne font pas d’exceptions.